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Le pillage des baïnes

Mis à jour : 29 sept. 2020


La pêche professionnelle du bar au filet maillant encerclant dans les baïnes landaises et girondines C'est une pêche assez connue parce qu'elle a été si maladroitement médiatisée à plusieurs reprises par une célèbre émission nationale qui ne se pose manifestement pas de question quant à l'origine durable des images qu'elle produit, tant qu'il y a de l'audience. Cette pêche consiste à encercler à très grande vitesse les bancs de bars en chasse au ras du bord, dans les baïnes. Ensuite, il convient de les effrayer pour les obliger à fuir et les piéger dans le mur périphérique invisible des mono filaments. L'affaire est faite en 5 minutes, le relevage prend 15 minutes supplémentaires, puis on va recommencer un peu plus loin. Les euros pleuvent. Outre la colère de la pêche récréative, l'ADRM relève plusieurs infractions récurrentes aux règlements de la pêche et de la navigation, mais aussi une mise en danger d'autrui caractéristique dans certaines occasions. Les surfeurs en savent quelque chose, mais ils ne sont pas les seuls. L'ADRM a donc modestement fourni son expertise - le mot n'est pas trop fort - pour participer à l'élaboration d'un dossier à charge qui a fini par sortir de terre, une fois épuisées et repoussées toutes les tentatives, pressions et réelles volontés en place pour étouffer ce genre d'affaire. ​ Ici comme ailleurs le système fonctionne encore et toujours selon les intérêts économiques stricts de chaque intervenant : presque personne ne se pose la question de l'origine durable ou pas des bars pêchés de cette façon. L'essentiel est encore de privilégier les retombées économiques de cette activité : la fréquentation de sa ville et l'attractivité du marché aux poissons local, le fonctionnement de son restaurant, de son hôtel ou de toute affaire qui, directement ou indirectement, en tire un profit, jusqu'à celle de réalisateurs de documentaires de télévision. C'est ainsi que l'ADRM a documenté un soutien politique forcené de la part d'un député-maire, la pression d'un président de communauté de communes et la connivence d'un administrateur des affaires maritimes qui a notoirement franchi la ligne rouge. ​

Jeudi 23 novembre 2018 : plus de 3 ans après la pétition des baïnes, la presse annonce une garde-à-vue sur CAPBRETON, suite à une plainte déposée par l'association SEA SHEPHERD auprès du procureur de DAX en début d'année. Le lendemain, le quotidien SUD OUEST confirme l'information en donnant davantage de détails. ​ Le jeudi 14 février 2020, deux sénateurs, un ancien gendarme, un maître nageur sauveteur, un président d'un comité des pêches et un autre pêcheur professionnel sont venus expliquer à la barre du tribunal maritime de Bordeaux qu'il ne fallait rien reprocher à cette pêche si rentable et qu'il fallait continuer à vider les baïnes landaises. Au cours de cette audience de 5 heures, le Président du Tribunal maritime de BORDEAUX a également évoqué comment les militaires du sémaphore de Messanges alertaient le navire quand ils repéraient une chasse d'oiseaux.


Le 12 juin 2020, le jugement a déclaré le père et le fils AGNÈS coupables de :

- Non respect de règlement, instruction ou ordre particulier relatif à la sécurité de la navigation maritime par une personne embarquée sur un navire naviguant dans les eaux sous souveraineté française,

- Mise en danger d'autrui (risque immédiat de mort ou d'infirmité) par violation manifestement délibérée d'une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence.


Affaire à suivre.​ ​ ​ ​



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