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Dauphins : Fermetures périodiques de la pêche mais aussi interdiction des filets "pêche-tout"

Dauphins : Fermetures périodiques de la pêche mais aussi interdiction des filets "pêche-tout"

Le 7 octobre dernier, la ministre de la mer Annick Girardin a annoncé qu'il n'y aurait aucune période de fermeture des pêcheries, ni pour les chaluts pélagiques ni pour les fileyeurs. L'hécatombe des dauphins qui s'aggrave d'année en année – 11 300 pour 2019 – pourtant devenue un sujet de préoccupation pour l'opinion publique devrait continuer tandis que l'image de la pêche maritime se dégrade rapidement, comme la ministre l'a elle-même rappelé.

Équiper les chaluts pélagiques de dispositifs acoustiques de dissuasion revient à exclure les cétacés de leur biotope en les priant d'aller voir ailleurs. Généraliser cette idée aux filets fixes rendrait le golfe de Gascogne totalement inhospitalier pour les dauphins qu'il s'agit de protéger. De tels dispositifs sont à la fois insuffisants et dangereux et ne seront jamais la solution, juste un pis-aller dans des circonstances particulières. Le CIEM a clairement préconisé des périodes de fermetures proportionnelles au nombre de dauphins que l'on souhaite épargner, et une période de deux mois semble minimale, notamment pendant le frai hivernal du bar. Une condamnation de la cour de Justice Européenne est possible suite à la procédure de la commission du 2 juillet dernier. Rappelons l'amende record de 77,7 millions d'euros que le contribuable français a du payer au milieu des années 2000 parce que les pêcheurs français décimaient allégrement des merluchons gros comme des goujons. Au delà de ces fermetures, il est urgent de réduire la hauteur des filets qui montent de plus en plus haut dans la colonne d'eau pour barrer la trajectoire de plus en plus d'espèces, au point que ces nouveaux filets, grâce aux progrès techniques, deviennent capables de pêcher toutes les espèces, et notamment les dauphins. D'où leur nom de filets "pêche-tout" dont les médias ne parlent jamais alors que tous les fileyeurs savent qu'ils sont impliqués dans l'aggravation des captures de dauphin. Ces filets, connus aussi sous le nom de "filets droits" le long de la côte aquitaine où ils déciment les saumons survivants, devraient focaliser les débats, devant les chaluts pélagiques eux-mêmes. Plus la ressource diminue, plus les progrès technologiques augmentent l'efficacité de la pêche et diminuent cette ressource. Le cercle vicieux est en place et la pêche française démontre qu'elle est strictement incapable de s'en sortir. Seule une amende de plusieurs dizaines de millions d'euros peut sauver les dauphins, comme elle a sauvé par le passé le thon rouge de la méditerranée occidentale et les merlus. Annick GIRARDIN peut préparer le chéquier, notre chéquier.



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