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  • maigre40

Thon rouges ou Patudo ?

Mis à jour : 29 sept. 2020

Des rumeurs faisant état de thons rouges qui seraient vendus sciemment en lieu et place de thons obèses (Patudo) à la criée de Saint Jean de Luz ou directement à des distributeurs, des filets laissés en pêche trop longtemps dans lesquels le poisson pourrit entre deux relèves trop espacées, la photo dans la République des Pyrénées du 13 août de ce pêcheur de truite arborant fièrement un vrai saumon du gave de Pau pêché en amont de Bérenx où sa pêche est interdite, un système de déclaration des captures en eau douce pourtant obligatoire (SNPE) où seule participe une proportion de plus en plus minoritaire des pêcheurs aux engins, une multiplication vertigineuse des captures de dauphins en Bretagne ou encore des arrosages de cultures de maïs qui ne faiblissent pas alors que les étiages sont au plus bas...


La liste des problèmes qui agressent tous les jours l'environnement aquatique s'allonge tous les jours. Entre défaut d'information, de contrôle et de répression, entre insuffisance de moyens, incompétence et laisser faire, l'administration est débordée de toutes parts par la multiplication des affaires. Les moyens et la volonté politique ne suivent pas l'explosion des pressions toujours motivées par l'obsession économique.


Le grand écart devient dramatique. D'autres pays ont trouvé une aide précieuse en sollicitant le renfort de cette proportion croissante des citoyens que toutes ces affaires affligent chaque jour davantage. En Grande-Bretagne, les autorités appellent tous les intervenants à les aider pour lutter contre la vente illégale de poissons à travers la campagne "Looks fishy ? Don't risk it!" d'avril 2016.

George EUSTICE, un récent ministre britannique de la pêche a déclaré : "La pêche illégale abîme notre environnement marin et fait du tort à ceux qui respectent les règles. Nous travaillons donc en coopération étroite avec les autorités portuaires, les associations de protection de l'environnement et l'industrie de la pêche pour réduire ce problème. J'invite tout un chacun, qui suspecte des activités de pêche illégales, à nous les faire connaître pour que nous puissions protéger la mer et les pêcheurs qui respectent la loi." Dans les Cornouailles, l'administration anglo-saxonne met régulièrement à jour la liste des affaires de pêche illégale et des sanctions prononcées depuis 2015.

On constate que les dernières affaires concernent l'utilisation... de l'électricité pour pêcher dans les eaux côtières du sud-ouest de l'Angleterre !

Plus largement, c'est l'ONG indépendante CRIME STOPPERS qui traite de tous les actes délictuels, notamment mais pas seulement ceux en relation avec l'environnement, comme des faits de pollution, de braconnage en tous genres ou de destruction d'habitats naturels. Le numéro 0800 555 111 fonctionne 24h /24, 7 jours /7 et 365 jours par an.

Les bilans annoncés par cette ONG en terme de résultats sont à la mesure de ce que l'on pouvait en attendre.

Aux USA, l'administration américaine NOAA s'est emparée du problème du contrôle avec une détermination qui ne laisse guère de doutes. Ici aussi, le numéro (800) 853-1964 fonctionne sans arrêt.

L'administration a bien compris l'efficacité des récompenses sur des cas ciblés, comme par exemple ces 54.000 $ pour des destructions de dauphins par arme à feu. En Australie, existe le même système gouvernemental avec CRIMFISH, et le numéro 1800 274 634, qui devient la bête noire de tous ceux, de moins en moins nombreux, qui outrepassent les règles.


En France, la coopération entre la société civile et l'administration est largement inutilisée, alors qu'il existe là un gisement de progrès sensibles et qu'au cas par cas cette coopération a déjà pu démontrer son efficacité.

DÉFENSE DES MILIEUX AQUATIQUES, ex-Association de Défense des Ressources Marines, invite l'administration à solliciter le public, et n'hésite pas à saisir des administrations comme la DGCCRF, la DDTM , la DIRM, le CROSS-ETELou à rappeler à certaines administrations leur obligation d'user de leur pouvoir de police.

Toute administration sollicitée qui ne se sentirait pas concernée est tenue de transmettre la saisine à l'administration compétente (article L.114-2 du code des relations entre le public et l'administration).

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